Globalisation : rien de neuf ou presque !

Que veut vraiment dire ‘globalisation’ ? On le confondrait avec internationalisme, selon John Saul, qui dans son plus récent essai sur la globalisation, « La mort de la Globalisation » [La globalisation est présentée comme étant un phénomène socio-économique récent mais force est de constater que non seulement elle existe depuis les temps romains, mais aussi que la culture nationale d’origine des multinationales n’est pas effacée pour autant.

« Les empires coloniaux contrôlaient le monde de manière étonnante. L’empire romain était un système extrêmement bien rodé et complexe…( )… “Nous vivons et travaillons tous quelque part. L’un des grands défauts de l’argument globaliste était que tout ça ne comptait plus, que les décisions importantes ne se prenaient plus au niveau national. On s’est mis à croire à une vision verticale du monde. C’était un argument utopique, idéaliste. Même l’idée que les compagnies transnationales n’ont pas de culture nationale est sans fondement. Microsoft et les autres compagnies du même genre ont toutes des origines qui ont conditionné leur culture d’entreprise.” [Selon Saul, l’idée que l’état nation allait disparaître s’est avéré fausse ; “l’État-nation est plus fort aujourd’hui qu’il y a 50 ans” [Il ne suffirait pas de substituer une nouvelle idéologie pour combattre la mondialisation actuelle, selon Saul. D’autant plus qu’il ne s’agit pas uniquement d’une idéologie mais d’un système économique qui est encore perçu dans l’imaginaire occidental comme étant le plus progressiste de l’histoire, le plus démocratique, celui qui offre le plus de libertés, surtout qu’il semble que le capitalisme aurait eu raison des autres modèles, qui se sont écroulés dans les 30 dernières années.

“Dans le système actuel, les compagnies transnationales fonctionnent sur un mode précapitaliste semblable à celui de la Compagnie de la baie d’Hudson ou de la Compagnie des Indes à l’époque des grands empires coloniaux. Il s’agit d’une intégration verticale de la production qui a pour but de limiter la compétition, pour contrôler le produit, et d’éviter la production de richesse au profit de quelques personnes au sommet. “ [Il nous faudrait arrêter de dépendre des analyses théoriques d’économistes a historique, selon Saul :

“… Malheureusement, les économistes sont très mal éduqués de nos jours. Ce sont des spécialistes dans leur domaine, certes, mais il faut connaître l’Histoire pour mettre en place des programmes publics qui fonctionnent bien à l’échelle mondiale. Aujourd’hui, nous avons un leadership qui manque de cran et de culture. Les fonctionnaires adorent les arguments de l’inévitabilité pour s’opposer au changement.” [’La population est déjà conscientisée, mais les élites ne sont pas capables de sortir du débat technocrate. Au fond, la logique globaliste est une logique du XIXe siècle.’ » [« Il n’y a rien de nouveau dans la théorie de la globalisation, sauf en ce qui concerne certains éléments comme la technologie. Ce qui est intéressant à mon avis, c’est qu’au XIXe siècle, quand on a mis en place les arguments du commerce international, le monde, y compris l’Occident, manquait de tout.

On n’avait pas assez à manger, pas assez de maisons, pas assez de moyens de transport, de vêtements, etc. Tout cet argument économique est basé autour de la pénurie.

Mais depuis, disons, 1945, grosso modo, l’Occident a un surplus, et même le monde a un surplus. Ce sont des problèmes de distribution qui font que tant de gens meurent, souffrent, et non pas des problèmes de production. On a eu une explosion dans la quantité, dans la taille de la commercialisation.

Mais de l’autre côté, on n’a pas eu de croissance réelle, de création de richesses. Et le problème de l’écart entre les riches et les pauvres a refait surface. »  [Voir-Actualité

cyberpresse.ca

[1] « La mort de la Globalisation » ( Payot)

[2] Le Voir-Montréal, rub:Société, ’Requiem pour un concept’ de Christophe Bergeron, 09mars2006

[3] Le Voir-Montréal, rub:Société, ’Requiem pour un concept’ de Christophe Bergeron, 09mars2006

[4] Le Voir- Montréal,idem

[5] Le Voir- Montréal,idem

[6] John Saul sonne le glas du libéralisme économique mondial, Danielle Laurin, Le Soleil, Collaboration spéciale,lundi le 6 mars, 2006

[7] John Saul sonne le glas du libéralisme économique mondial, Danielle Laurin, Le Soleil, Collaboration spéciale,lundi le 6 mars, 2006

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