Changer le Monde : Pas que des paroles en l’air !
Pour changer les choses, il nous faut innover et tenter des projets qui vont à l’encontre des idées reçues et d’un sentiment d’impuissance devant ce qui semblerait hors de notre portée.
La prise de conscience qui nous ouvre les yeux et le coeur devant la nécessité de ’faire quelque chose’ peut étourdir tellement il y a à faire et tellement il y a de fautes à assumer !
Après tout….depuis plus de 50 ans, en Amérique de Nord on construit nos valeurs de vie sociale autour de la recherche d’un confort et de l’accomplissement individuels. Pour y parvenir, nous nous sommes habituéEs à ne pas vouloir être contrariés dans cette démarche parce que ; réussir sa carrière, offrir le meilleur possible à sa famille et se trouver un temps de loisir impliquent, il faut l’avouer, la mise en place de stratégies organisationnelles performantes et le recours aux services et produits qui nous facilitent la vie !
Alors…La voiture nous est indispensable lorsque l’on vit loin du travail, lorsque l’on doit faire le taxi de nos enfants, parce que nos banlieues sont organisées telles que tout se trouve loin et regroupé dans un seul endroit ; inefficace – le transport en commun n’est justement que pour ’le commun des mortels’ ; on mange vite et il nous manque du temps pour faire la cuisine – sans ce qui se vend déjà ou presque cuit ; la sécurité de l’emploi est précaire et la majorité des gens gagne juste assez pour y arriver ou moins encore – rêvant en ’grattant’ à de jours meilleurs ; nos enfants ne veulent pas être hors le coup parmi leurs pairs et nous non plus ! La course quoi !
Donc…On se sent coincé par cette course que l’on est jugé coupable de mener. Coupable des conséquences sociales, écologiques et économiques de cette recherche « d’une vie meilleure ». Pourtant ce rêve ne date pas d’hier – il a été la force mobilisatrice pour tant de générations d’immigrants et il nous habite tous aujourd’hui. Il nous faudrait assumer les frais du rêve la plus ancien au monde et un qui est partagé par tous les peuples du monde – celle de vivre mieux ! Assumons aussi que l’on vit mieux qu’ailleurs !
Par contre…c’est devenu socialement inacceptable de ne pas prendre conscience des conséquences de nos modes de vies – alors, il faut acheter équitable, rouler écolo, se vêtir sans exploiter, laver sans polluer, manger bio et utiliser du papier recyclé, remplir des bacs à récupérer et malgré tout ce n’est jamais assez ! Ces gestes demandent du temps et de l’argent. Et, qui sont celles et ceux qui en ont le plus…..
Changer le monde – ce ne sont pas des paroles en l’air, mais commençons par le commencement et libérons-nous d’approches et de discours moralisants. Peut-on penser que des gens embouteillés dans leurs choix vont troquer l’obéissance à une vérité exclusive pour le blâme qui s’associe à une autre ?
Quittons le chemin tracé par la ’pédagogie noire’, [Innovons en changeant une de nos habitudes : cessons de débroussailler la reconnaissance des injustices par l’attribution de la culpabilité.
[1] Alice Miller : C’est pour ton bien. Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant, Paris, Aubier Montaigne, 1984.
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