La malbouffe : la bouffe qui exprime notre mal…mais lequel, social ou individuel ?
Il ne se passe pas six mois sans qu’un reportage, un article, ou une émission télé ne nous renvoient l’image de notre lamentable rapport à la nourriture – celui de la malbouffe et de l’obésité qui dérange ! On nous décrit un problème de société de consommation devenu une pandémie, qui n’épargne aucune région du monde – riche ou pauvre.
Déclarée officiellement – une maladie, nous n’avons plus qu’à nous en remettre à la médecine pour nous guérir de l’obésité. Que cela soit d’ingérer une petite pilule, de faire de l’exercice ou de redimensionner le ventre en chirurgie, les réponses, pour la plupart, ne regardent que du côté de l’individuE – le/la malade.
« Toutes les fonctions du corps auront leur pendant pharmaceutique. On aura le sentiment rassurant selon lequel on contrôlera de mieux en mieux toutes les menaces potentielles…Soyons clairs : il ne s’agit pas de santé, il s’agit de consommation dans un cadre de maladie.. ». [www.ledevoir.com
Avant d’être déclarée comme une maladie – grossir était surtout une affaire de femmes à la recherche constante du régime miracle pour rester mince. Mais, aujourd’hui, il s’agit aussi des hommes et des enfants – une affaire de femmes et devenue une affaire de société.
Mais si aujourd’hui on parle de problème social – on continue toutefois de regarder surtout du côté de l’individuE pour trouver les réponses. On accuse la société – en pointant du doigt les femmes au travail, la famille qui ne mange plus ensemble, les enfants trop sédentaires, le fait que nous ne cuisinons plus les bons petits plats tous les jours – bref la liste est longue mais elle est surtout composée de tout ce que les individuEs ne font pas bien !
Dans la recherche de solutions, où est donc l’autre partie de la société – composée des agro-alimentaires multinationales pour qui vendre le sucre, l’amidon et tous les aliments enrichis se fait avec la collaboration étroite de l’état. Ces multinationales qui enrichissent les poches du pouvoir politique ?
Autrement dit- l’individuE se doit de réformer son rapport à l’alimentation pour ne pas coûter cher à l’état – qui d’un côté finance une ribambelle de programmes de ‘santé’ sans pour autant agir sur l’industrie.
« On pense que l’obésité est un problème personnel, alors que c’est la résultante d’un choix social et de l’absence de volonté politique … les gouvernements sont très réfractaires à l’idée de revoir leurs politiques agricoles, car ils ne veulent pas se mettre à dos le puissant lobby industriel agricole. On préfère laisser faire et continuer à mettre des pansements… “Il faut que vous mangiez moins de graisse et plus de fruits, que vous fassiez plus de sport…”, ce sont des conseils pleins de sens mais absolument insuffisants face à la gravité de la situation. Tous les experts sur cette question vous le diront, ce n’est pas la solution.” » [www.voir.ca
Mieux manger n’est plus lié à une revendication sociale pour de meilleures conditions de vie, mais a été « relooké » en une question de santé, mais laquelle ?
« …je ne vois ni idées ni courage politique pour faire une révolution de la santé. Vous imaginez, tout ce qu’il faudrait changer, toutes les libertés des entreprises qu’il faudrait discipliner, si on prenait comme point de vue la santé plutôt que la maladie qu’on appelle santé ? » [
[1] Mieux-être – La spirale, Carole Vallières. Le Devoir Édition du samedi 31 mars et du dimanche 01 avril 2007 [2] Malbouffe : la pandémie, Elias Levy, Voir, 5 avril 2007 [3] Mieux-être – La spirale, Carole Vallières. Le Devoir Édition du samedi 31 mars et du dimanche 01 avril 2007
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