Quelles responsabilités pour les Québécois ? Les canadiens ? Les communautés algonquines ?

Un pan de l’histoire « honteuse » du Québec mis à jour par le documentaire Le peuple invisible de Richard Desjardins et de Robert Monderie. www.onf.ca

Le peuple invisible survole 500 ans d’histoire du peuple algonquin auquel on a retiré ses droits au territoire ancestral, riche de ressources fauniques et forestières. Parquées par le gouvernement fédéral dans des réserves ou même squatter sur leur propre territoire, des communautés algonquines vivent dans des conditions bien en deçà du minimum acceptable dans la société québécoise.

Le documentaire donne la parole aux descendants des populations qui témoignent de ce que leurs ancêtres ont vécu et racontent leur propre expérience notamment en ce qui concerne les effets des politiques visant à déposséder les Algonquins de leurs territoires et de leur culture. Les politiques d’intégration brutales tentaient de faire disparaître les « problèmes » rencontrés par les entreprises aspirant à exploiter sans contrainte les territoires reconnus comme propriétés autochtones par des ententes.

La Loi sur les Indiens consacrait le statut de mineur de tous les membres des communautés autochtones, permettait l’expropriation de leurs territoires, ensuite cédés pour l’exploitation commerciale. La décision de retirer les enfants des familles afin de les faire « instruire » dans les pensionnats visait à hâter l’élimination des cultures autochtones. Pour ajouter à l’injure, les femmes ont été doublement victimes perdant automatiquement leur statut lorsqu’elles épousaient un Blanc.

Premier pas pour rendre visibles les conséquences du traitement accordé par les Canadiens avec la complicité des Québécois à la nation algonquine, ce documentaire est aussi un film sur notre histoire, celle des politiques prédatrices caractéristiques des conquérants. Les témoignages rappellent la grande épopée colonisatrice des Blancs en Amérique, une épopée dont nul ne peut être fier.

Au moment où le Québec s’interroge sur les accommodements nécessaires envers ceux et celles qu’il choisit d’accueillir, il est justifié d’en faire autant pour les peuples que les Blancs ont conquis et auxquels ils ont ravi leur territoire.

Il est urgent de corriger les erreurs du passé. Si l’on parle abondamment de transmettre aux prochaines générations un pays en aussi bon état que celui qui fut reçu des générations précédentes (qualité de vie, environnement, ressources, etc.) et libre de dettes, n’est-il pas tout aussi important de les libérer des responsabilités qui nous incombent au chapitre du respect des droits humains et des ententes conclues avec le peuple algonquin ?

On ne peut ignorer ce qui désormais est de notoriété publique. À court terme, il y a urgence de donner à toutes les communautés algonquines et à tous les citoyennes et citoyens, accès aux conditions matérielles de base – le minimum sociétal.

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