La présence des itinérant(e)s dérange !
Plus de tolérance, SVP !
Bernard St-Jacques Cyberpresse.ca, lundi 13 fév 2006
Pourquoi la présence des sans-abri dans le métro nous dérange-t-elle autant ? Posons-nous la question : en quoi la présence des personnes itinérantes peut vraiment constituer une entrave à mon sentiment de sécurité alors que rien n’indique que celles-ci soient plus violentes que les autres ?
L’auteur est organisateur communautaire et s’exprime ici au nom du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM). La situation des personnes itinérantes qui fréquentent le métro n’est pas bien différente de celle vécue dans la rue. Les distinctions résident surtout, pendant l’hiver, par une plus grande présence de gens de la rue dans les édifices de la Société de Transport (STM) et par une explosion des contraventions remises à ceux-ci.
L’image d’un clochard à demi évaché dans l’un de nos nombreux tunnels souterrains ne date pas d’hier. Bien sûr, parmi les personnes itinérantes fréquentant le métro, certains tentent probablement de demeurer en un même lieu le plus longtemps possible, surtout en période de froid.
Mais pourquoi sont-ils là ? Simplement, pour les mêmes raisons qu’on les voit dans l’espace public, avec ces parcs, ces trottoirs et aux abords des commerces. Occuper l’espace public est supposé être un droit, un droit de cité, que ces personnes soient dans la rue plus longtemps que nous ou non, qu’elles le fassent par choix ou sous la contrainte.
Lors de leur séjour dans les installations de la STM, bien des choses peuvent se passer, comme de rencontrer un agent de surveillance. Leur intervention est motivée par l’application d’une réglementation et par les plaintes des citoyenNEs. Comme les policiers, ils émettent bien trop souvent des contraventions aux personnes marginalisées, pour des infractions semblables à celles reprochées dans la rue (flânage, assis ou couché par terre ou sur un banc, etc.) : des infractions ô combien désastreuses pour la situation déjà fragile des personnes en situation d’itinérance.
Notre rôle de citoyenNE est central dans cet état de choses. Les plaintes des citoyenNEs, qu’elles soient justifiées ou le simple fruit d’un caprice, comptent pour beaucoup dans l’intervention des agentEs de la STM. Posons-nous la question : « en quoi la présence des personnes itinérantes peut vraiment constituer une entrave à mon sentiment de sécurité alors que rien n’indique que celles-ci soient plus violentes que les autres » ? Ou encore, « en quoi cette personne, ou son unique présence dans le métro, est à ce point dérangeante ? Ne serait-ce pas plutôt la misère humaine que je dois côtoyer quotidiennement et les préjugés que j’entretiens qui viendraient justifier chez moi une intervention policière allant totalement à l’encontre des droits de ces personnes » ?
Bref, plus particulièrement en cette période hivernale, plus de tolérance serait plus que de mise ! Pensez-y lors de votre prochain séjour dans le métro.

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