Engagement contemporain et culture de responsabilités
Sous le titre Nouvelles pratiques militantes, le dossier du numéro avril-mai 2010 de la revue À bâbord – Libérer des espaces : résister, créer, militer traite de nouvelles formes d’engagement, en marge des espaces politiques habituels que sont les partis politiques, les syndicats et les organisations traditionnelles.
On y apprend que la militance prend désormais forme au sein de collectifs, de groupes d’affinités, de coalitions ponctuelles et de regroupements d’individus « qui donnent leur temps et leur énergie pour faire exister des projets qui les animent et pour protester contre ce qui les révolte ». Le dossier, présenté comme bien incomplet pour refléter le dynamisme présent au Québec, constitue néanmoins une « grande bouffée d’air frais dans une atmosphère politique mortifère ».
Les transformations du politique expliqueraient selon Julie Jacques et Anne Quénart[1] les changements dans les modes et les formes d’engagement qui représentent non pas une crise de la démocratie mais plutôt un désir de démocratie. Sommes-nous en train de redéfinir la démocratie?
Agir directement sur le terrain en fonction de nos préoccupations personnelles, c’est bien sûr prendre des responsabilités que l’on choisit. Comment, par ailleurs, s’assurer que celles et ceux qui prennent des décisions qui nous concernent toutes et tous, qu’on le veuille ou non, à savoir les élites financières, économiques et politiques, assument vraiment les responsabilités que nous les citoyennes et citoyens voulons leur confier? La question reste ouverte!
Engagée depuis plus de six dans l’initiative de la Charte des responsabilités humaines, Cécile Sabourin publie dans le même numéro de la revue un article qui pose la question de la compatibilité entre droits et responsabilités. Plaidant pour la réhabilitation du mot RESPONSABILITÉ, le texte souligne la nécessité de reprendre collectivement notre pouvoir de participer à la construction du monde et de nous inscrire dans la mouvance mondiale en faveur en faveur d’une culture de responsabilités.
Au delà, de l’engagement individuel pour des causes qui nous tiennent à cœur, comment collectivement agissons-nous pour imposer le respect des droits humains fondamentaux et la construction d’un mode plus juste, équitable, solidaire et pacifique?
[1] Apolitiques les jeunes femmes, Les éditions du remue-ménage, 2004.

Recherche scientifique et décision politique