Mine Osiko à Malartic : territoire et responsabilités gouvernementales ?
Si nombreuses sont les spoliations de territoires riches en ressources naturelles de même que les récits des déplacements imposés aux populations qui les habitent qu’il semble superflu d’écrire encore à ce sujet. Et pourtant, le thème est plus que jamais d’actualité, ici au Québec comme ailleurs dans le monde.
Les expériences révèlent systématiquement la présence de complicité entre les intérêts économiques et financiers des entreprises extractives et des gouvernements. Elles révèlent aussi la mise en œuvre de stratégies d’appropriation des territoires qui font peu de cas du respect des droits humains et de la dignité des personnes qui habitent les territoires et prennent appui sur des rapports de pouvoir démesurément inégaux entre ceux qui planifient de longue haleine leurs projets d’exploitation et les personnes et populations mises devant des « faits accomplis ». Les droits et les responsabilités associés au territoire habité ne font pas le poids devant le capitalisme prédateur surtout lorsqu’il s’agit du secteur minier.
Dans la municipalité de Malartic au Québec, l’émoi était grand au printemps 2009 quand on a commencé à déménager tout un quartier afin de faire place à la mine à ciel ouvert qui, même avant d’obtenir du Bureau québécois des audiences publiques la permission de s’implanter, investissait pour relocaliser ceux et celles qui imprudemment avaient accepté les offres de Mine Osisko. Imprudemment parce que le citoyen seul devant la multinationale est peu outillé pour évaluer l’ampleur des dommages qu’il et la communauté auront à subir. Quelques milliers de dollars, fut-ce des centaines, paraissent substantiels dans une municipalité où le chômage est croissant et les perspectives d’avenir incertaines. Le 9 juillet 2009, le BAPE donnait un appui conditionnel au projet, incluant de nombreuses recommandations – notamment concernant l’eau et l’avenir de la fosse – dans son rapport Projet minier aurifaire Canadian Malartic.
C’est en tenant compte des quelques 80 mémoires présentés devant la Bureau, le fruit d’une mobilisation importante devant un projet de mine à ciel ouvert d’une ampleur inconnue au Québec. Regroupé dans la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine, la population locale et des groupes environnementaux ont manifesté leur opposition et de multiples inquiétude alors que les inconditionnels du « développement économique » quel qu’il soit y voyaient un investissement inespéré pour la municipalité. Parmi ces inconditionnels, il a le gouvernement du Québec qui, par la voie de la Société générale de financement (SGF), une société d’état québécoise avant le dévoilement public du rapport du BAPE, accorde un prêt conditionnel à Mine. Ce mélange des genres à un moment aussi crucial pour la mise en œuvre d’un projet perturbateur à plusieurs égards est malheureusement fort répandu et certainement pas de nature à atténuer la méfiance à l’endroit des gouvernements et des politiciens.
Le gouvernement, au nom de la population québécoise, ayant désormais des intérêts financiers dans le projet se trouvera très bientôt dans une situation pour le moins ambiguë lorsque viendra le temps d’imposer des conditions, de faire respecter des normes environnementales – et les coûts qui leur sont associés – entraînant un impact direct sur la rentabilité de Mine Osisko.
La confusion des genres n’est pas réservée au Québec. Presque tous les grands projets s’attaquant de front aux droits des populations résidentes se caractérisent par une collusion – souvent ouverte – entre les milieux financiers, les dirigeants de multinationales, les gouvernements, les organisations réglementaires et de contrôle et les systèmes judiciaires.
Si nombreuses sont les spoliations de territoires riches en ressources naturelles de même que les récits des déplacements imposés aux populations qui les habitent qu’il semble superflu d’écrire encore à ce sujet. Et pourtant, le thème est plus que jamais d’actualité, ici au Québec comme ailleurs dans le monde. Les expériences révèlent systématiquement la présence de complicité entre les intérêts économiques et financiers des entreprises extractives et des gouvernements. Elles révèlent aussi la mise en œuvre de stratégies d’appropriation des territoires qui font peu de cas du respect des droits humains et de la dignité des personnes qui habitent les territoires et prennent appui sur des rapports de pouvoir démesurément inégaux entre ceux qui planifient de longue haleine leurs projets d’exploitation et les personnes et populations mises devant des « faits accomplis ». Les droits et les responsabilités associés au territoire habité ne font pas le poids devant le capitalisme prédateur surtout lorsqu’il s’agit du secteur minier.
Dans la municipalité de Malartic au Québec, l’émoi était grand au printemps 2009 quand on a commencé à déménager tout un quartier afin de faire place à la mine à ciel ouvert qui, même avant d’obtenir du Bureau québécois des audiences publiques la permission de s’implanter, investissait pour relocaliser ceux et celles qui imprudemment avaient accepté les offres de Mine Osisko. Imprudemment parce que le citoyen seul devant la multinationale est peu outillé pour évaluer l’ampleur des dommages qu’il et la communauté auront à subir. Quelques milliers de dollars, fut-ce des centaines, paraissent substantiels dans une municipalité où le chômage est croissant et les perspectives d’avenir incertaines. Le 10 juillet 2009, le BAPE donnait un appui conditionnel au projet, incluant de nombreuses recommandations – notamment concernant l’eau et l’avenir de la fosse – dans son rapport Projet minier aurifaire Canadian Malartic.
C’est en tenant compte des quelques 80 mémoires présentés devant la Bureau, le fruit d’une mobilisation importante devant un projet de mine à ciel ouvert d’une ampleur inconnue au Québec. La population locale et des groupes environnementaux ont manifesté opposition et objets d’inquiétude alors que les inconditionnels du « développement économique » quel qu’il soit y voyaient un investissement inespéré pour la municipalité. Parmi ces inconditionnels, il a le gouvernement du Québec qui, par la voie de la Société générale de financement (SGF) un société d’état québécoise qui, deux jours avant le dévoilement public du rapport du BAPE, accorde un prêt conditionnel à Mine Osisko afin de lui permettre de réaliser son projet. Ce mélange des genres à un moment aussi crucial pour la mise en œuvre d’un projet perturbateur à plusieurs égards est malheureusement fort répandu et certainement pas de nature à atténuer le doute
Le gouvernement, au nom de la population québécoise, ayant désormais des intérêts financiers dans le projet se trouvera très bientôt dans une situation pour le moins ambiguë lorsque viendra le temps d’imposer des conditions, de faire respecter des normes environnementales – et les coûts qui leur sont associés – entraînant un impact direct sur la rentabilité de Mine Osisko.
La confusion des genres n’est pas réservée au Québec. Presque tous les grands projets s’attaquant de front aux droits des populations résidentes se caractérisent par une collusion – souvent ouverte – entre les milieux financiers, les dirigeants de multinationales, les gouvernements, les organisations réglementaires et de contrôle et les systèmes judiciaires.
Transparence, pré-requis à la démocratie
Échec aux paradis fiscaux
