Paradis fiscaux et pillage des trésors publics : urgence d’agir.
Présentant une conférence en marge de l’assemblée générale d’ATTAC-Québec le 7 novembre, Alain Deneault a mis l’eau à la bouche de tous ceux et celles qui maintenant attendent avec impatience la sortie de son prochain ouvrage sur les paradis fiscaux. Bien connu du public depuis la publication controversée de Noir Canada, Alain Deneault a bien montré l’urgence d’une mobilisation afin de contrer ces assises de pouvoirs parallèles que sont les milieux financiers œuvrant en dehors de touts cadres réglementaires.
Le court historique du rôle joué par le Canada depuis plus d’un siècle dans l’établissement de paradis fiscaux dans les Caraïbes, ce en complément de l’adoption de législations et règlements « bienveillants » à leur usage par des Canadiens, rend limpide la compréhension de l’immobilisme du gouvernement actuel. Pourtant d’autres gouvernements – français, britannique, états-unien – se sont récemment montrés plus ouverts à légiférer sur le sujet.
La complicité étatique et celle de professionnels du droit et de la comptabilité permettent d’expliquer la facilité avec laquelle les riches en quête d’évitement fiscal peuvent transférer des fonds et faire des affaires sous des cieux favorisant la maximisation des profits à l’abri des prélèvements du fisc. En cette période de banditisme à cravate, qui s’étonnerait de la prospérité de ce secteur économique?
C’est donc sans surprise qu’Alain Denault plaide pour l’urgence de dénoncer la situation et de se mobiliser afin de changer les lois et de briser le système des « juridictions de complaisance ». Quelque quatre-vingt (80) lieux sont connus dans le monde pour leur spécialité dans différents domaines – transport, narcotrafic, trafic des armes, blanchiment d’argent, etc. Sans gêne et sans « état d’âme », ceux qui y font leurs affaires contribuent à l’appauvrissement des trésors publics. Les états qui clament leur incapacité de répondre aux besoins des populations en matière de services publics savent pourtant qu’en fermant les yeux ils se privent de ressources colossales. Ils détournent plutôt le débat vers les coupures essentielles de leurs activités et la tarification des services, au lieu de mettre en lumière les « dépenses » fiscales et l’évasion fiscale « légalisée ».
« Fiscalité » est un mot qui rebute. Pourtant la fiscalité nous regarde tous et chacun. Elle relève de notre responsabilité comme contribuables. Il faut démystifié ce qui n’est en fait que la manière dont l’état recueille les fonds qui serviront aux dépenses publiques, ces fonds devant en théorie satisfaire aux besoins identifiés pour le bien commun des citoyennes et citoyens. Or ceux qui s’intéressent de plus près à la fiscalité, qui l’ont développée au Québec et au Canada, sont le plus souvent les personnes qui aspirent à s’y soustraire ou à en faire une profession. Rarement voit-on les contribuables moins fortunés s’y intéresser de près. Il est temps que tous et chacun comprenne que la fiscalité « ça nous regarde ».

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