Pour une autre lecture des finances publiques – Des économistes prennent leurs responsabilités

Invitation à la séance sur les Finances publiquesLa publication de la réflexion Pour une autre lecture des finances publiques arrive à point afin de dynamiser le débat orchestré par la « droite » au Québec.  Le gouvernement québécois avait commandé une réflexion et des recommandations à quatre économistes dont on connaissait déjà les prises de position généralement en phase avec celles du gouvernement libéral du Québec.  Ils ont publié trois fascicules qui pavent la voie à une vision alarmiste de la dette publique et à la mise en application ou hausse de nombreux tarifs pour des services publics.  L’idée que la concurrence et le marché sont la solution à nos problèmes ne pouvait trouver de meilleurs propagandistes.

Le Collectif d’Économie autrement publie sur son site un dossier sur les finances publiques.  Ce dossier est chapeauté par une Déclaration qui se veut une réponse au Comité consultatif sur l’économie et les finances publiques.  En date du 24 février, au moment du lancement du dossier dans le cadre d’une séance publique, quarante-neuf économistes appuient le texte Pour une autre lecture des finances publiques.

Le Collectif d’économistes tient à faire connaître le point de vue d’économistes adhérant à d’autres manières de voir les défis de l’avenir du Québec et des objectifs à promouvoir pour assurer un avenir prospère aux plans social, culturel, économique et démocratique.  Il souhaite mettre de l’avant que les priorités du Québec devraient guider la structure des finances publiques, les revenus tout autant que les dépenses.  Non pas l’inverse comme le recommande le Comité consultatif.

Le Collectif dénonce des mythes propagés dans les fascicules :

  • Peut-on comparer la dette publique à celle d’un ménage?
  • Quel fardeau léguer aux générations futures?  Celui de services publics démantelés?
  • Les dépenses publiques contribuent-elles moins que les dépenses privées aux investissements et au PIB?
  • Le secteur privé est-il plus efficace que le secteur public?  Aucune preuve crédible n’en est fournie.
  • Y a-t-il neutralité ou objectivité de la science économique?  Bien sûr que non!

Le Collectif souligne aussi l’absence dans les fascicules de toute préoccupation pour la dette écologique.  Il suggère aussi d’y regarder de plus près dans les sources supplémentaires de revenus pour l’État.  Imposer les plus riches, imposer des redevances pour l’exploitation des ressources naturelles, taxer les produits énergivores et luxueux sont, entre autres, présentés comme des pistes à considérer.  Le gouvernement doit en fait tenir compte des inégalités structurelles et éviter de les accroître.  Au contraire, les choix sociétaux du Québec ont plutôt eu comme objectifs la diminution des inégalités et l’accès aux services.  Toute remise en question ne peut se faire sans un véritable débat collectif démocratique.  Le débat actuel s’étant engagé sous de tout autres termes, le Collectif d’économie autrement s’est donné la responsabilité de contrer la vision étroite et biaisée largement propagée par le gouvernement actuel et ses alliés de la « droite ».

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