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Mais qui sont les Montréalaises ? Un colloque sur et avec des femmes engagées …

Par Cécile Sabourin, coordonnatrice du Comité Q/C, Charte des responsabilités humaines

IMG_2988Honorer la mémoire des femmes engagées et surtout apprendre d’elles pour mieux agir sur le présent et l’avenir, c’est la proposition que faisait le Conseil des Montréalaises en organisant son premier colloque dans le cadre du Mois de l’histoire des femmes.

Le gouvernement canadien instituait le Mois de l’histoire des femmes en 1992.  Il décidait alors de souligner ainsi la « contribution des filles et des femmes à la société. Le mois d’octobre a été choisi pour rappeler l’affaire Personne, où cinq Canadiennes se sont battues pour faire reconnaître les femmes comme des personnes admissibles à la nomination au Sénat. Comme la Cour suprême du Canada avait rendu une décision négative face à leur demande, elles ont interjeté appel devant le Comité judiciaire du Conseil privé en Angleterre. Ce comité leur a donné raison le 18 octobre 1929. »  L’année 2009 marque le 80e anniversaire de cette décision.

Attirées par le thème Mais qui sont les Montréalaises ? vingt-cinq femmes se réunissaient, le 24 octobre,  pour partager leurs connaissances sur des femmes qui ont contribué à façonner Montréal.  Des historiennes, des professeures, des artistes, des communicatrices, des femmes engagées dans une vaste gamme de domaines ont fait un survol de près de deux siècles d’histoire à travers des présentations de résultats de recherches, des récits et des témoignages.  Nées ici ou venues d’ailleurs, quelle que soit l’époque, les femmes ont dû déployer beaucoup d’énergie afin de mener la vie qu’elles voulaient, parfois avec succès, le plus souvent en faisant des compromis, parfois en se voyant dépossédées de leurs aspirations et de leurs rêves.

Effet de hasard ou résultat du choix des objets d’étude, les présentations au programme, au nombre de dix, ont révélé que nombreuses sont les femmes qui affichent une conception « moderne » de la place des femmes dans la société, souvent loin du déterminisme biologique que le discours traditionnel voudrait leur voir endosser. En dépit des difficultés et notamment du double standard, on les retrouve actives au plan professionnel et désireuses de s’affirmer dans leur vie familiale.

Andrée LévesqueParmi les  présentations marquantes, celle d’Andrée Lévesque a inspiré à l’assistance le souhait de voir reconnue la contribution exceptionnelle de celle qui a fondé la première bibliothèque publique à Montréal.  Éva Circé-Côté, veuve à 40 ans, s’engage dans une carrière de bibliothécaire et de chroniqueuse avant de fonder la Bibliothèque technique  qui deviendra la Bibliothèque municipale en 1909.  Sise à partir de 1917 dans l’édifice bien connu de la rue Sherbrooke au sud du parc Lafontaine, elle sera intégrée à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ)   En dépit de sa contribution à la fondation de cette bibliothèque, Éva Circé-Côté deviendra « assistante » à la direction, ne pouvant accéder au poste de direction qu’il était alors inconvenant d’attribuer à une femme qui, pourtant, avait démontré toutes les compétences dans son travail

Éva Côté-Circé, encore largement inconnue, sera l’objet d’une publication par Andrée Lévesque en 2010.  On luit souhaite – et le Conseil des Montréalaises pourrait y contribuer – que son œuvre soit officiellement reconnu par la désignation d’un lieu ou d’un site à son nom.

Les participantes au colloque ont aussi exprimé le souhait que le Conseil des Montréalaises organise annuellement un événement afin de souligner le Mois de l’Histoire des femmes.

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