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Organisation syndicale et responsabilités politiques

Réflexions découlant de cinq années à la présidence de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU)

Cécile Sabourin, professeure UQAT et coordonnatrice du Comité Québec/Canada

Orienter et diriger le travail d’une organisation syndicale à vocation essentiellement politique impose une réflexion sur l’action politique. L’objectif du présent texte n’est pas de traiter de l’ensemble de cette réflexion mais plutôt d’illustrer quelques manifestations visibles de choix découlant de ma conception personnelle – partagée par les collaboratrices et collaborateurs – des responsabilités de l’organisation.

Au départ, principalement impulsé par les intuitions du moment et les priorités quotidiennes, le travail s’est graduellement consolidé par une réflexion alimentée par mes expériences personnelles ainsi que par les échanges avec les collaboratrices, collaborateurs et partenaires essentiels à tout travail de nature politique.

Articuler la mise en application des principes de responsabilité inscrits dans la Charte des responsabilités humaines à la diffusion de laquelle je suis associée depuis quelques années a constitué une inspiration dès le départ. Quoique le thème même de la responsabilité, et plus précisément du développement d’une culture de responsabilité, soit demeuré dans l’ombre, ces concepts et les principes ont guidé de nombreuses actions. Beaucoup reste à faire, cependant !

La première action fut de reconfigurer le site la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université afin de refléter mieux l’ensemble des responsabilités qui relèvent de l’organisation elle-même, de ses membres ainsi que des universités dont les professeures et professeurs représentent – avec l’ensemble du personnel académique et les étudiantes et les étudiants – le cœur. Rendre visibles les solidarités et les liens que la Fédération doit développer avec ses partenaires notamment pour la défense des droits, libertés et services publics a constitué une deuxième priorité. Créer un espace pour diffuser les réflexions des professeures et professeurs sur différents thèmes reliés de près ou de loin à l’éducation fut une troisième priorité. Enfin, initier l’expression par les profs de réflexions sur leurs propres responsabilités était et demeure un défi de taille. Alors que le sujet suscite de l’intérêt, peu ont répondu à l’appel et rédigé un texte afin de démarrer au sein de la Fédération un mouvement collectif de réflexions qui pourtant s’impose. Le Bulletin électronique a tenté de refléter ces orientations.

recoller-les-morceauxUne deuxième action fut de commanditer la production du video « L’université québécoise – Recoller les morceaux » qui donne lieu aussi à quelques documents complémentaires, tous disponibles pour visionnement sur le site de la FQPPU. Cette initiative visait à poser clairement les principaux enjeux auxquels l’université québécoise est confrontée dans le contexte néolibéral actuel principalement au regard de son rôle primordial concernant la connaissance et la formation des personnes. Comme le rappelle le professeur Guy Rocher, l’université doit conserver sa mission intellectuelle pour le développement de la société et surtout retrouver un sens perdu, celui de la responsabilité de former des personnes qui sont aussi des citoyennes et citoyens. Selon lui, « être professionnel c’est une responsabilité sociale » et « s’il y a tant de professionnels qui sont égoïstes, c’est de notre faute ». La culture universitaire prétend présentement former des cerveaux. « C’est faux (dit-il) nous préparons des citoyens pour la vie. »

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