Des sciences et technologies au service de la société – Reconnaître et assumer nos responsabilités
Vingt personnes participaient au Bar des sciences organisé par le Comité québécois Sciences et démocratie afin d’échanger sur le Forum mondial Sciences et démocratie : un mouvement en marche.
L’objectif de la rencontre était de faire connaître les motifs de la mise sur pied de cette initiative, les activités effectuées, les projets en développement. Chaque personne y participait pour des raisons différentes et était invitée à faire des suggestions pour la suite des acticités au Québec.
La présentation d’un court extrait du livre DVD La science autrement, réalisé par Alain Ambrosi dans le cadre du 1er Forum mondial Sciences et démocratie à Belèm (janvier 2009) a permis de faire connaître cet événement fondateur du mouvement international. Ce Forum fut l’occasion de rassembler des scientifiques et représentants de la société civile autour d’un débat qui s’est terminé par l’adoption d’une Déclaration. Cette Déclaration constitue le point d’ancrage des suivis que le Comité international et les comités en provenance de la France, de l’Inde, du Brésil et du Québec ont entrepris.
Le texte de la Déclaration de Belèm affirme que la connaissance constitue un héritage commun de l’humanité, héritage à préserver, à développer et à transmettre. Les connaissances devraient être émancipatrices, mais pourtant dans bien des cas elles servent à la domination des personnes et des populations, une situation dénoncée par les participantes et participants au Forum. Cette déclaration vise tous les types de connaissances, sciences et technologies – dont les technosciences –connaissances académiques et traditionnelles qui ont un rôle à jouer dans le développement de nos sociétés.
La Déclaration met aussi en évidence les défis de rallier divers groupes scientifiques et sociaux autour de préoccupations communes reliés au développement et à l’accès aux connaissances. Certes, les institutions scientifiques jouent un rôle spécifique en matière de développement des connaissances. Il faut leur reconnaître l’autonomie sans laquelle les recherches et innovations risquent de servir les intérêts économiques plutôt que le progrès humain global. Les communautés et les organisations de la société civile ont aussi d’importantes responsabilités souvent méconnues dans le soutien à la démocratisation des connaissances.
Les présentations et échanges lors du Bar des sciences ont permis de circonscrire le champ de cette problématique en reconnaissant son ampleur et surtout les défis à surmonter pour faire connaître le sujet et susciter des collaborations. Les participantes et participants sont pour la plupart bien conscients de l’importance des enjeux dans leur propre domaine de travail ou d’intervention. Ainsi ils ont fait part de leurs préoccupations particulières, telles :
- l’accès libre, l’édition électronique et les développements dans ce domaine : revue Vertigo, ceux prévus aux Etats-Unis,
- la propriété intellectuelle, trop souvent simple mécanisme de privatisation et de marchandisation des connaissances,
- les intérêts commerciaux vs les contrôles en matière de santé et d’environnement; l’élimination de ressources au sein de ministères et agences,
- les problèmes ressentis dans la communauté scientifique : la perte de sens et l’incitation à mettre en veilleuse l’esprit critique, le discrédit jeté sur la communauté scientifique,
- la lutte contre la désinformation en misant sur des thèmes intéressant la population , la nécessité de développer la force de pression, notamment au regard des politiques publiques et du financement de la recherche et, pour ce faire, de prendre appui sur la colère rampante au sein de la population.
- etc.
Les participantes et participants ont exprimé leur satisfaction de voir qu’avait pris forme au Québec cette initiative vouée aux enjeux de la démocratisation des savoirs et pouvant accueillir des organisations et personnes en provenance des milieux scientifiques et de la société civile. Alors que le Bar des sciences était aussi l’occasion de lancer le site développé par Comité québécois, plusieurs personnes ont spontanément souhaité y collaborer. Cela ouvre de bien intéressantes perspectives pour l’avenir.

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