La Tour de papier … parle aussi de la responsabilité des universités

Cécile Sabourin,  Comités québécois et international « Sciences et démocratie » et Collectif Economie autrement.  Présidente de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université de 2005-2009.

La Tour de papier - L'université, à quel prix ? Les Éditions Logiques, 2010Le lancement du livre La Tour de papier – L’université à quel prix ? de James E. Côté et Anton L. Allahar fut l’occasion d’organiser une table ronde sur les droits de scolarité au Québec.  Pour ma part, ma décision d’y participer relevait davantage de l’importance que j’accorde  au maintien de l’intégrité des missions universitaires que du thème plus spécifique de la hauteur des droits de scolarité.

Les missions d’enseignement, de recherche et de service à la collectivité sont fortement menacées par l’intrusion croissante de l’idéologie marchande au sein même de nos universités.  Les administrations universitaires modèlent présentement leurs pratiques sur celles du milieu des affaires et ce faisant, traitent l’ensemble des activités – programmes, prestations d’enseignement et recherche – comme des produits marchandisables.  Les droits de scolarité – surtout les hausses que plusieurs craignent – ne sont qu’une des manifestations de cette approche que l’ouvrage de Côté et Allahar met en évidence en traitant plus particulièrement des programmes d’études

Affirmant le rôle de l’université et l’importance de l’enseignement de la philosophie, des lettres et des sciences humaines et sociales à tous les étudiants, Côté et Allahar précise en quoi cet enseignement contribue à bâtir une citoyenneté responsable.  « L’instruction est un droit, mais, comme tous les droits, il s’assortit de responsabilités.  C’est ici que la dimension critique de l’enseignement et de l’éducation se révèle essentielle.  Ce que nous défendons n’est pas de sanctionner aveuglément n’importe quel ordre social, mais plutôt un ordre social qui compterait des citoyens instruits capables de lutter contre l’injustice sous toutes ses formes.  Dans un tel contexte, chaque individu a une responsabilité à l’égard de la société dont il est membre. » (p. 250)

Or, c’est bien cette fonction critique qui est la plus menacée par l’intrusion à l’université d’une conception marchande de la connaissance, un contexte qui fait des professeurs, des étudiants et de leurs parents, des intervenants dans l’offre et la demande de services quasi commerciaux.

Les auteurs de La Tour de papier mettent en évidence les nombreuses conséquences de la hausse des droits de scolarité dans les universités au Canada et aux Etats-Unis.   Sur la base de statistiques et empruntant à leur longue expérience, les auteurs fournissent une raison de plus pour démontrer la pertinence du débat devenu incontournable sur nos priorités en matière d’enseignement supérieur.  Ce débat est réclamé depuis quelques années par plusieurs organisations dont la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université.

La Tour de papier a été lancé au Québec dans le cadre d’une table ronde sur les droits de scolarité tenue à la Librairie Olivieri, le 13 octobre 2010.

Pour écouter les propos émis lors de la Table ronde, se branchez sur Radio Spirale, puis descendre jusqu’à descendre jusqu’à Faut-il hausser les droits de scolarité  dans la colonne les événements Olivieri et télécharger.

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