Qu’est-ce-que ça change de parler de responsabilités ?
Pas responsable… et qui dit qu’on devrait l’être ?
“ON NE NAÎT PAS RESPONSABLE …Ô ! COMBIEN DIFFICILE LE DEVENIR…
‘On ne fait pas ce qu’on veut et cependant on est responsable de ce qu’on est.’ Sartre (Jean Paul)
Les projets de responsabilisation foisonnent, autant corporatifs qu’associatifs, personnels que citoyens. Cette démarche éveille comme tout appel à un changement de comportement des résistances individuelles et collectives.
De plus, les contradictions qui se manifestent entre les objectifs visés et les contraintes réelles d’ordre systémique et politique usent et créent des doutes quant à la pertinence de s’impliquer.
Qu’on s’en parle, ouvertement de nos résistances et nos contraintes !
La démarche ‘responsable’ ravive nos tendances ‘moralisantes’ à tout diviser de manière simpliste et rassurante en ‘bon ou mauvais’. Le blâme et la culpabilité ne manquent pas de frapper quiconque manquerait soit à son devoir ou à son obligation !
Allons au delà d’une division simpliste du monde en ’responsable versus non responsable’, entre Nous et les Autres ?
Notre défi ne serait-il pas de faire de Responsable une stratégie d’actions qui nous lient ensemble face à nos choix et la réalité de nos contraintes ?
Qu’est ce que ça change de parler de responsabilité ?
La notion de la responsabilité se transforme, elle est de moins en moins un principe enraciné dans son passée ecclésiastique. Aujourd’hui, “Être responsable” se transforme en un principe moral de nature (…)Qui dit moral, dit résistance à un passé de blâme moralisateur….«celui qui s’occupe des devoirs du voisin n’est pas moral, mais moralisateur.» [Quelle différence entre moral et moralisateur? ” La morale répond à la question ‘ Que dois-je faire? ’ : c’est l’ensemble de mes devoirs…(les)… impératifs que je reconnais légitimes…C’est la loi que je m’impose à moi-même, ou que je devrais m’imposer, indépendamment du regard d’autrui et de toute sanction ou récompense attendue. ‘ Que dois-je faire? ’, et non pas : ‘ Que doivent faire les autres? ’ C’est ce qui distingue la morale du moralisme.” [Comment réconcilier ’être responsable’ de soi-même avec une éthique de responsabilité; cet espace public dans lequel nous sommes appelés à vivre les un avec les autres? Les principes de Charte peuvent servir de garde fou devant la tentation que l’on peut avoir à créer une approche doctrinaire de la responsabilisation. Une, selon laquelle on impute à l’individuE une responsabilité moralisante pour tout, sans nuances. Que l’on soit jugé responsable de tous ou de trop peu – on ne bouge plus, figé dans une résistance née de notre refus du blâme!
” À la différence du concept juridique…le concept moral de la responsabilité se laisse difficilement enfermer dans des catégories simplistes. Prendre sa responsabilité, devenir responsable implique une volonté que l’on nomme parfois engagement… ( dans les deux cas le mot)…responsabilité (implique)… ‘ répondre de ses actes ou décisions et de leurs conséquences devant l’autre ’… Mais les modalités se transforment profondément… Dans l’acception juridique, elle est précédée d’un tu es contraint, menaçant et péremptoire, induisant des comportements de défense, de défausse et de dénégation…( or, selon le concept moral)… Ce je veux est un engagement du sujet dont le sens contredit la contrainte et le crainte de la sanction” [
[1] COMTE-SPONVILLE, André. ” Morale ou Éthique “, Lettre internationale, Nº 28, printemps 1991. Par 4 chemins, émission de 17 septembre 1996
[2] «Pensées sur la morale» dans les Carnets de philosophie ” dirigé par Marc De Smedt, aux Éditions Albin Miche l’émission de 17 septembre 1996. radio-canada.ca
[3] ETCHEGOYEN, Alain (propos recueillis par COLIN-SIMARD, Valérie). ” Entretien “, Psychologies, avril 1999.

Défendre les droits humains et la démocratie – Se taire est irresponsable
DROITS ET RESPONSABILITÉS SONT-ILS COMPATIBLES ?