Une autre conception de l’enseignement supérieur et de la recherche est possible!
La revue Vie de la recherche scientifique (VRS) publie un texte sur les discussions qui ont eu lieu lors du FORUM MONDIAL SCIENCES ET DÉMOCRATIE 2011 DE DAKAR. Ce texte coordonné par Chantal Pacteau, Chargée de recherche au CNRS, secrétaire générale adjointe du SNCS s’intitule :
Une autre conception de l’enseignement supérieur et de la recherche est possible!
« Lors de la deuxième édition du Forum mondial sciences et démocratie, chercheurs, universitaires et «profanes» ont repris leurs débats sur la question des sciences pour une société plus humaine, juste et équitable. La possibilité d’alliances entre pôles académique et sociétal a servi de fil rouge aux discussions. Les menaces qui pèsent sur certains chercheurs, les attaques contre la liberté de la recherche et la responsabilité du scientifique ont fait l’objet de débats fertiles. »
Pour lire le texte y inclus l’encadré par Cécile Sabourin, reproduit plus bas.
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FORUM MONDIAL SCIENCES ET DÉMOCRATIE DE DAKAR
La responsabilité du scientifique en débat
Le thème de la responsabilité des scientifiques a été abordé lors de deux événements du Forum mondial sciences et démocratie de Dakar, avec une attention particulière accordée aux contextes africains (1).
Comme citoyen, tout scienti- fique possède des responsabilités dans les domaines autres que ceux de sa compétence. Dans son domaine, le scientifique a des responsabilités particulières qui découlent de ses connaissances, des ressources qu’il perçoit et de sa position dans les institutions d’enseignement et de recherche.
Dans l’évolution en cours mondialement vers le modèle unique de « l’économie de la connaissance », il s’agit de s’interroger sur ses responsabili- tés en tant qu’individu et membre d’une communauté que certains imaginent pouvoir transformer en poule aux œufs d’or ! Une des caractéristiques de cette transformation se traduisant notamment par le basculement des systèmes de subventions de la recherche publique vers des ententes contractuelles de plus en plus contraignantes.
Les multiples formes de cette responsabilité du scientifique ont été débattues : prôner la transparence, renoncer au mythe de la neutralité des sciences, reconnaître l’hétérogénéité des domaines de recherche selon qu’ils soient de pointe ou non et perçus comme à fort ou à faible potentiel commercial (sinon à potentiel commercial nul), dénoncer les conflits d’intérêts, défendre la liberté de recherche et de diffusion. Cette responsabilité oblige aussi à nouer des alliances démocratiques et à exercer une vigilance à l’égard des pouvoirs qui parfois n’ont plus de public que le qualitatif…
Concrètement, la lutte que doivent porter les scientifiques est de nature intellectuelle et politique dans un monde où les menaces sur le bien commun prennent parfois les formes les plus inattendues. Cette lutte laisse peu de place à l’amateurisme et à l’improvisation, comme l’ont appris à leurs dépens les chercheurs du GIEC qui ont pris la responsabilité d’intervenir dans l’espace public sans prendre en compte le contexte médiatique et les rapports de force dans l’économie néolibérale.
Cécile Sabourin
Professeure retraitée de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), membre du Comité québécois sciences et démocratie et Collectif Éco- nomie autrement, responsable de l’initiative Éthique et responsabilités des scientifiques.
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